Rhum "Bacardi", Al Capone et… la prohibition,

rhum "Havana Club" et... "all inclusive"

à Varadero

 

     À Varadero, la station renommée pour ses 20 kilomètres de plage avec de sable blanc et fin, les touristes boivent du rhum "Havana Club", l’un des symboles de la Cuba communiste, de toutes leurs forces, en régime "all inclusive". Aussi ici resistent depuis presque un siècle l’excentrique restaurant d’Al Capone et l’étendue résidence "Xanadu" d’Irénée du Pont de Nemours, toutes deux construites quand dans les États-Unis les boissons alcoolisées, y compris le rhum "Bacardi", un symbole de la Cuba capitaliste, avaient été prohibées par la Constitution.

     Dans le cadre du tour de la ville La Havane, nous avons fait un arrêt à la porte d’entrée d'un bâtiment, auquel je ne voyait pas la partie supérieure, avec une architecture agréable pour l’œil, qui m'a donné un sentiment de "déjà vu", mais à une échelle réduite d’environ dix fois, en me rappelant de... l'Empire State Building, l’édifice que je l'ai visité en 1999. "O tempora… !"

     La guide, une femme avec le sens pratique bien développé, en étant à court de temps, a été expéditive avec la présentation:

     - C'est le premier bâtiment à La Havane construit dans le style Art Déco. Il a été commandé par Emilio Bacardi, pour son siège de la société de sa famille,  productrice de rhum "Bacardi". Avez-vous entendu parler, n'est-ce pas?

     - Ouais! de voix d'hommes ont été entendues.

     - Le projet a été achevé en 1920 par les architectes Rafael Fernández Ruenes et Esteban Rodríguez Castell y José Menéndez.. En ayant 50 mètres, il a été le plus haut bâtiment à La Havane, à son inauguration de l’an 1930. L’édifice dispose de trois corps, l’un central à six étages et deux à cinq étages. Le corps central a au sommet la statue d'une chauve-souris, le symbole de la société. À la décoration des murs a été utilisé une combinaison de matériaux pour produire un effet chromatique de couleur spéciale: marbre, granit, tuiles, briques. Pour un pesos convertible on peut monter par l'ascenseur jusqu'au sommet du  bâtiment, d’où s’ouvre une vue excellente sur la Vieille Havane.

     - Quelle est la différence entre le rhum "Bacardi" et le rhum "Havana Club"?

     - La réponse est un peu longue, mais je vais essayer de la raccourcir le mieux possible. En 1862, le Catalan, nommé Facundo Bacardi Masso, et le Français, nommé José León Boutellier, ont acheté une distillerie à Santiago de Cuba et ont fondé "Bacardi, Boutellier, and Company". En 1874, Facundo et son frère José ont acheté les actions de son partenaire français, qui a voulu se retirer de l'affaire pour de raisons de santé, en créant "Bacardi and Company". Pendant ce temps, Emilio, le fils aîné de Facundo, est devenu l’un des directeurs de la société. En 1960, quand il a commencé la nationalisation à Cuba, la société a résisté, parce qu’elle avait déjà de filiales de production de rhum à Puerto Rico, les Bahamas et au Mexique. "Bacardi and Company" est restée avec la marque enregistrée "Bacardi". Le rhum de Cuba, quoiqu’il est obtenu dans les distilleries confisquées de "Bacardi" et, en grande partie, sur la base de la même technologie, a été contraint de changer sa marque enregistrée, en devenant "Havana Club". Donc, à Cuba vous allez boire seulement "Havana Club" et aux États-Unis seulement "Bacardi". Dans l'Union Européenne sont vendus les deux marques de rhum.

     - La même technologie?

     - Presque la même technologie, par la distillation de mélasse produite par la fermentation de la canne à sucre. Le produit obtenu est maintenu un certain nombre d'années, dans de tonneaux en acier ou en bois de chêne, en fonction de la couleur désirée: blanche, dorée ou brune -  rougâtre.

     …Il est 23 heures. Au bar en forme de couronne circulaire de l’hotel "Sol Sirenas" à Varadero je me suis souvenu des paroles de la guide, en concernant la couleur du rhum. La seule variété du rhum visible, servie, c'est vrai, à la discrétion, était "Havana Club Anejo Blanco". Le barman,  appellé Don Ron par les collègues de travail et les clients, un homme passé de 50 ans, silencieux, avec de mouvements lents, économiques, comme celui qui est resté debout depuis la matinée, il a trouvé le temps de m'expliquer en anglais mélangé avec l'espagnol:

     - Le rhum "Havana Club Anejo Especial" a une couleur dorée, après un maintien en tonneaux de chêne pendant cinq ans. Le rhum "Havana Club Anejo 7 Anos" est brun – rougeâtre, comme l'acajou, après un maintien en tonneaux de chêne pendant une durée plus grande, comme en résulte de dénomination, de sept ans. Ces variétés de rhum sont plus chères. Maintenant, nous sommes approvisionnés seulement avec "Havana Club Anejo Blanco".

     - Eh bien, donnez-moi, s’il vous plaît, une pina colada vierge.

     - Sans rhum?

     - J’aurais voulu un rhum "Havana Club Anejo 7 Anos" j'ai essayé une blague.

     Alors, le barman s’est penché, a ouvert un petit placard du bar et a fait sortir une bouteille à moitié vide, sur l'étiquette dequelle il était écrit "Havana Club Anejo 7 Anos".

     - Oh... quelle surprise vous m’avez fait, Don Ron! je me suis écrié, après quoi j'ai mis sur le bar une pièce d’un peso convertible.

     - Je vous remercie, monsieur. Est - ce que vous me permettez une suggestion?

     - Bien sûr, il n'y a aucun problème.

     - Ce rhum ne doit pas être mélangé. En général, plus le rhum est foncé à la couleur, plus il est préférable de ne pas le diluer Par conséquent, le rhum blanc est utilisé pour tous les cocktails. Je vous suggère que ce rhum précieux, avec une ancienneté de sept ans, vous le buviez à sec, avec une seule tranche de citron et un seul glaçon.

     Le barman a posé devant moi un verre inversement conique, assez petit, rempli à trois quarts, dans lequel le cube de glace se voyait à peine au fond du verre. Une tranche de citron entaillée a été attachée radialement sur le bord. du verre.

     J'ai siroté très peu, avec les lèvres serrées. Un arôme reminiscent de sucre de canne, avec d’accents de miel, de cannelle et de vanille m’a rempli la bouche, m’est entré  dans les narines, même dans les yeux. Si j’aurait pleuré, je pense que dans les coins des yeux m’auraient apparues de gouttes du rhum.

     Durant que je consommais progressivement le contenu du verre, Don Ron, peut-être stimulé par le peso convertible, encore est venu devant moi:

     - Avez-vous entendu parler du triangle du rhum?

     - J’ai entendu du triangle des Bermudes...

     - Le triangle du rhum a eu aux coins la zone des Caraïbes, la Nouvelle - Angleterre et l'Afrique de l'Ouest. La mélasse de canne à sucre était transportée de la zone des Caraïbe à la Nouvelle-Angleterre. Là – bas on obtenait le  rhum, qui était transporté à l'Afrique de l'Ouest. Avec du rum, qui concurrait l'or, tellement il était demandé, on achetait d'esclaves, pour être envoyés chez  les plantations de canne à sucre dans la zone des Caraïbes. Est - ce que vous avez compri?

     - Ooo... vous racontez très joliment, Don Ron!

     - Savez-vous d’où vient le nom de rhum? il a entretenu la conversation.

     - Il existe plusieurs variantes. Quelle est votre opinion?

     - Dans l’argot des Britanniques, qui vivaient dans le Nouveau Monde, "rumbullion" signifiait le scandale ou le tumulte produit par un ribote avec trop d'alcool obtenu de canne à sucre. Par abréviation on est arrivé au rhum.

     J’ai demandé une autre dose de rhum "Havana Club Anejo 7 Anos". Puis je me suis monté sur mes pieds  sur l’escalier en spirale  un étage dans ma chambre d'hôtel. Dès que j’ai mis la tête sur l'oreiller, je me suis endormi. J’ai été pris par un profond sommeil, reposant, sans rêves!

     ...Après deux jours passés sur la plage élitiste de Varadero, sur un sable fin et propre, bordé par l’eau claire et chaude, dans laquelle les mouettes, même les pélicans cohabitent à petite distance de touristes, en particulier, de Canadiens et d’Argentins, je m’étais bronzé assez pour  penser à faire une pause. Par conséquent, le lendemain matin, j'ai quitté l'hôtel pour faire un tour de la station dans un bus à deux étages, sur lequel il était écrit en espagnol et en anglais: "Las mejores vistas" et "The best views" (n.a. Les meilleures vues) J'ai payé cinq pesos convertibles pour le droit de monter dans le bus de combien de fois je veux pendant cette  journée - là. J’ai constaté que Varadero n’est pas une péninsule, mais une île, en étant séparée de l'île de Cuba par un canal. De l’hauteur de bus à deux étages, pour une largeur maximale de 1,2 km de la station, je voyais que d’étendues infinies de l'eau des deux côtés. Je suis arrivé à l'hôtel à l'heure du déjeuner. Deux objectifs m’ont attiré en particulier: "La Casa de Al" et "Mansion Xanadu". Je les ai noté sur mon agenda pour les voir plus tard, dans une autre pause de bain de soleil et de l'eau marine

     Dans l'après-midi du même jour, après un repas de "all inclusive" avec au moins 50 plats, je suis retourné à la plage privée de l'hôtel. J'ai eu la chance, en trouvant libre l’un des centaines de parasols résistants aux ouragans, avec une structure en bois massif, avec quatre rayons solides, comme ceux de la roue du chariot, et un poteau gros comme l’un télégraphique, planté profondément dans le sable. La protection solaire était faite par de cercles concentriques de baguettes, bien fixées avec de clous. Je me suis allongé sur l'une des deux chaises longues, blanches,  en plastique, de type lit. Il m’a pris une somnolence, au battement du soleil, adorée par les Arabes, comme je les ai connu durant huit ans, quand j'ai travaillé dans l'enseignement supérieur en Algérie et au Maroc, et par Antoine de Saint-Exupéry: "je me suis endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée".

     Après un certain temps, dirigé par un sixième sens, j'ai ouvert mes yeux et à côté de moi, j'ai vu monsieur Fideloso, ma connaissance de La Havane. Le programme de séjour du groupe de touristes, dont il faisait partie,  coïncidait avec le mien, même en ce qui concerne les hôtels. Il s’est allongé sur une chaise longue avoisinante et a essayé de m'imiter, de somnoler au battement du soleil, à peine atténué par le parasol. Sans ouvrir les yeux, j'ai lui dit que je veux visiter un jour "La Casa de Al" et "Mansion Xanadu".

     Il a commencé à me parler rarement, en roumain, et j'écoutais, comme si je rêvait:

     "J'ai visité ces objectifs touristiques.  «La Casa de Al» est un restaurant avec le crépi imitation de grosse pierre, ciselée. Le toit de tuile rouge, les éléments en bois, peints en bleu donnaient au bâtiment un air coquet. Derrière le restaurant, j’ai découvert une terrasse avec la vue vers l’horizon marin, avec la fondation frappée en plein par les vagues. Là, à ma grande surprise, il n'y était aucun client, peut-être à cause de l’heure matinale.

     Une serveuse avec la marche balancée, en élevant et en abaissant ses hanches au rythme de la salsa, une créole avec de certains traits de négresse, yeux noirs, vivaces,  pommettes hautes, bien poudrérs, lèvres épaisses, tétons en érection, fond bombé, une Cubaine just bonne pour l’export vers les richards du nord du continent américain, est venu me demander en anglais ce que je veux à commander. J'ai lui répondu aussi en anglais, en faire semblant que je ne connais pas l’espagnol. J’ai voulu une bière cubaine et elle m'a apporté un verre vide et une bouteille de la couleur de la fumée, avec un cou curieusement long, sur lequel il était écrit: «Cubanero». Plus bas il était écrit: "Fuerte" (n.a. Forte). Et la bière a été forte!

     J’ai bu deux verres dans un souffle; chaleur grande, tropicale! La serveuse n'avait pas eu le temps s’en aller. J'ai commencé à lui parler. Quand elle m’a dit qu’elle puisse être mon guide local, j'ai mis sur la nappe une pièce d’un peso convertible et j’ai lui demandé à me parler de l'histoire du bâtiment. Elle m’a sourit et a commencé à débiter un texte mémorisé par cœur:

     - Ce bâtiment a été construit près de neuf décennies auparavant par Alphonse Gabriel Capone, mieux connu comme Al Capone. Il a été utilisé comme une maison de vacances, mais aussi comme un dépôt pour de boissons alcoolisées de contrebande, qui devait être envoyées sur le détroit de Floride. Après la nationalisation, le bâtiment a été transformé en un restaurant. Al Capone est né le 17 Janvier 1899 et est décédé le 25 Janvier 1947. A atteint la tête d’une société du crime organisé, appelée «Chicago Outfit». Pendant la prohibition, il s’est enrichi de la vente illégale de boissons alcoolisées. Il s’est fait remarqué le 14 Février 1929, le jour de la Saint - Valentin, quand il a liquidé sur les rues de Chicago certains chefs de bandes rivales de gangsters,  jour qui a resté dans l'histoire comme le Massacre de la Saint - Valentin. Le 17 Octobre 1931, il a été condamné à l'emprisonnement pour fraude fiscale. Le 16 Novembre 1939, il a été libéré sur parole et s’est  retiré dans sa résidence de Palm Beach.

     La serveuse s’est arrêtée un peu, a pris le peso convertible de la nappe et s’est tourné avec le dos vers moi. J'ai remarqué étonné qu’elle a troussé  un peu la partie antérieure de la mini - jupe pour faire disparaître la piéce. Je me suis dit: «C'est une poche secrète cousue sur la face intérieure de la mini - jupe, cachée aux yeux du contrôle financier de l'Etat ou pour d'autres raisons». Étrange a été le fait, que juste après cette pensée, m’est venu à mon esprit la boutade de John Dos Passos: «Sex is a slotmachine» (n.a. Le sexe est une machine  à sou).

La serveuse est revenue avec la face vers moi et, imperturbable, a repris le dialogue:

     - Je peux vous dire encore quelques mots au le sujet de la prohibition.

     - Bien sûr, mademoiselle. J'ai particulièrement apprécié votre présentation, tellement intéressante.

     - La prohibition a commencé sous la présidence de Thomas Woodrow Wilson, par  l'adoption le 16 Janvier 1919  du XVIIIème amendement  à la Constitution, qui est entré en vigueur le 17 Janvier 1920. Elle a été annulée sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt, par l'adoption  le 5 Décembre 1933 du XXIème amendement à la Constitution, qui a abrogé, tout simplement, le XVIIIème amendement.

     Mademoiselle s’est arrêtée de nouveau, comme si elle aurait voulu  me dire encore quelque chose, mais elle n’en osait pas.

     - Mademoiselle, est - ce que vous avez terminé?

     - Oui, monsieur. Si vous voulez, je pourrais vous présenter  certains endroits de Varadero.

     Moi, curieux de déchiffrer l’enigme de la poche cachée, j'ai eu une idée:

     - Mademoiselle, pour encore un peso convertible, pourriez-vous me présenter «Mansion Xanadu»?

     - Ooo... j'étais serveuse là - bas, de sorte que je peux vous faire une brève présentation.

     J’ai mis sur la nappe une pièce comme la première, avec le diamètre d'une banane:

     - J’écoute avec impatience, mademoiselle.

     - Irénée du Pont de Nemours a vécu entre le 21 Décembre 1876 et le 19 Décembre, 1963. Il a été le président de la société Du Pont de 1919 à 1925 et est resté dans le comitté de direction jusqu'en 1958. Il  a été dans le top 20 des plus riches personnes des États - Unis. En étant  influencé par le poème «Kubilaï Khan»...

     - Kubilaï Khan, l’empereur de la Chine? j'ai essayé de la dérouter un peu.

     - Kubilaï Khan a été l’empereur d’origine mongole de la Chine, dans la période 5 Mai 1260 - 18. Février 1294. Xanadu, également appelée Shangdu, a été la capitale de l’empire jusqu'à 1267, quand Kubilaï Khan a transféré la capitale à Tai Du, une dénomination chinoise, qui signifie Grand Capitale; sa dénomination en mongole en étant Khan Balik, à savoir la Ville du Khan. Marco Polo a visité en 1975 la ville Xanadu, en disant qu'«il est impossible de faire une description de sa beauté». Pourtant, il en a osé et a décrit un palais de marbre, entouré d'un immense parc, ainsi qu’un palais... portable de bambou.

     - Oui, j'ai lu le livre "Le million – le livre des merveilleux voyages de Marco Polo», mais beaucoup de temps avant, en environ 1975, quand vous n'étiez pas encore née.

     - Comme je l'ai dit, influencé par le poème "Kublaï Khan", écrit par Samuel Taylor Coleridge, et «Le livres des merveilles", écrit par Marco Polo, Irénée du Pont a voulu son propre palais "Xanadu". Par conséquent, le 30 Décembre 1930, il a ouvert un superbe édifice à Varadero, appelé "Mansion Xanadu". Il a quatre étages, 11 chambres a coucher, chacune avec son groupe sanitaire, trois terrasses, sept balcons. Le bâtiment est entouré par un terrain de golf long de 3,5 kilomètres, conçu à l'origine avec 18 trous par l'architecte Herbert Strong; à la fin il a été reprojetè, seulement  avec  neuf trous, par l'architecte Sim Cuthrie. Le 12 Décembre 1963, la résidence a été rénovée et inaugurée comme "Las Americas". À la cérémonie a participé et la soviétique Valentina Terechkova.

     - Valentina Terechkova?

     - Elle est restée dans l'histoire comme la première femme à voler dans le cosmos. La performance a été réalisée le 16 Juin 1963. Je finis la présentation, en disant que’en 1994, il a été décidé de revenir à 18 trous, le projet en étant mené par l'architecte Les Furber. Au même temps, la résidence a regagné la dénomination de «Mansion Xanadu».

     - Vous ne m’avez dit qui a conçu le bâtiment «Mansion Xanadu».

     - Oui, parce que j'ai hésité, n’en ayant pas une information complète. Il s’agit de deux architectes, de qui je sais seulement leurs noms de famille, Covarrocas, respectivement Govantes. Leur projet a été fini en 1927.

     La serveuse s’est arrêtée encore, le temps necessaire à répéter la figure avec la mini - jupe troussée. Je voulais en savoir davantage:

     - Mademoiselle, puis-je vous demander quelque chose, si ce n'est pas un secret?

     - Dites donc, ne soyez pas timide.

     - Euh... quelles sont vos études?

     - Je suis diplômée en histoire de l'Université de La Havane. J'ai arrêté de travailler comme enseignant dans une petite ville, en raison de très bas salaire et de la navette. Je me suis embauchée comme serveuse, pour gagner beaucoup, beaucoup mieux.

     J'aurais voulu poser une autre question, en se référant à la façon dont les deux monnaies ont disparu, mais elle est sortie autrement:

     - Euh... quel est votre nom, mademoiselle?

     - Juanita Dos Monedas Dos Pasos, a été sa réponse, accompagnée d'une lumière enjouée dans les yeux.

     - Dos Monedas Dos Pasos?

     - Oui, le nom de mon père est Dos Monedas et de ma mère - Dos Pasos. Même ainsi, la figure historique de la Cuba s’appelle Fidel Alejandro Castro Ruz, parce que, en étant né le 13 Août 1926 à Biran, la province de Holguín, il est le fruit de l'amour entre les maris Ángel Castro y Argiz et Lina Ruz González.

    J’ai compris, bien sûr, que Dos Monedas se traduit Deux Monnaies et Dos Pasos  - Deux Pas. Sa réponse m'a provoqué toute une série de questions rhétoriques, en me faisant d'être plus prudent avec les questions. Je me suis dépêché pour terminer de boire le reste de bière du verre et de demander:

     - Combien ça côute?

     - Six pesos convertibles.

     J'ai payé la plus chère bière de ma vie, plus chère qu'au Canada. Mademoiselle Melinda a pris les six pièces et, sans se tourner avec le dos vers moi, elle les a mis  dans une poche cousue sur la mini - jupe, en face, à la vue.

     Je me suis frotté les yeux, je n'étais plus sûr si l'étrange disparition des deux monnaies était réelle ou un effet de la consommation de bière «fuerte».. Je suis sorti rapidement de l’ancienne maison de vacances d’Al Capone, hantée d’énigmes anciennes et... nouvelles.

     J’attendais un bus à deux étages pour se rendre à la Mansion Xanadu, située sur la partie opposée du centre de la station de Varadero. Sur la route, j'ai remarqué le mignon bâtiment d'un restaurant appelé «The Beatles». L’entrée était gardée par un groupe statuaire en bronze, en grandeur naturelle, avec les quatre fameux du rock psychédélique: John Winston Lennon, James Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. À retenir!

     Je suis arrivé en face d’un bâtiment exotique, avec le toit de tuiles vertes, avec d’influences chinoises, chaulé en couleur beige, situé sur le plus haut point de la colline San Bernandino. Entouré de terrain de golf, l'accès se faisait par une route asphaltée, avec une voie dans chaque direction, longue d’environ 300 mètres, qui part de l’autoroute du sud (n.a. «autopista sur»), passe sur un petit pont et se termine au rond-point d’en face de l'entrée du bâtiment. Et ici, j'ai trouvé une terrasse avec une vue excelante sur le détroit de Floride. Je me suis assis à une table, en étant le seul client. La serveuse s'est approchée de moi avec une front lisse, d’adolescente, les yeux grands,  les pommettes hautes, les lèvres énormes, comme la pivoine, les formes rubensiennes, qui m'a proposé d’être mon guide...

     Pour moi, ça été assez. Je ne voulais plus vivre l'expérience de la maison de vacances d'Al Capone. Je suis parti avec le premier bus à deux étages à l'hôtel."

     Il y avait une longue pause, peut - être de dizaines de minutes. J'ai ouvert les yeux ahuri. À travers les baguettes  du parasol, les rayons du soleil piquaient ma peau. J'ai regardé vers la chaise longue avoisinante; monsieur Fideloso avait disparu. Ses paroles résonnaient encore dans mon esprit, mais j'ai commencé à avoire d’incertitudes, si elles ont été réelles ou ont été tout simplement le fruit de mon esprit après un documentation minutieuse, faite avant de partir pour Cuba, le rêve d'un sommeil dans le battement fort du soleil. J’ai cherché avec les yeux monsieur Fideloso et je l'ai vu entré jusqu'aux épaules dans l'eau. Quelque part, au large, un catamaran apportait les touristes inscrits à une excursion facultative à Cayo Blanco, où ils ont nagé en compagnie de dauphins. Je me suis précipité à se rapprocher de Chiliano - Canadien pour lui poser de  questions éclaircissantes:

     - Monsieur Fideloso, quel est le nom complet de Fidel Castro?

     - Fidel Alejandro Castro Ruz, parce que son père est Ángel Castro y Argiz et sa mère - Lina Ruz González. Ángel Castro y Argiz a eu 12 enfants légitimes et un illégitime. Avec la première épouse, María Argota y Reyes, il a eu cinq enfants: Manuel Castro Argota, María Lila Perfidia Castro Argota, Pedro Emilio Castro Argota, Antonia María Dolores Castro Argota et Georgina de la Caridad Castro Argota. Avec sa deuxième épouse, Lina Ruz González, il a eu sept progénitures: Ángela María Castro Ruz, Ramón Eusebio Castro Ruz,  Fidel Alejandro Castro Ruz, Raúl Modesto Castro Ruz, Juana de la Caridad Castro Ruz, Emma de la Concepción Castro Ruz  et Agustina del Carmen Castro Ruz. Il est encore un enfant, l'illégitime, Martin Castro, le fils de Generosa Mendoza, une ouvrière à sa plantation de canne à sucre.

     Cette réponse n'a pas m’aidé de me clarifier, au contraire. Elle a ressemblé dans la première partie avec celle donnée par monsieur Fideloso, quand j’ai été sous le parasol, mais puis elle est devenue longue et touffue.

     J'aurais voulu lui demander sur la boutade de John Dos Passos, mais qui ne la sait pas?

     Par consequent,  j'ai abandonné mon investigation et j'ai préféré à me détendre, à faire la planche sur l'eau, en regardant vers la plage de Varadero, avec son charme exotique, qui, depuis Christophe Colomb, a attiré de colons, d’investisseurs, de villégiateurs, même d’écrivains à la recherche de sujets attractifs par leur nouveauté. Dans le Nouveau Monde!

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Le vieil homme et la Cuba"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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