Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (24)

Le cinéma "Salam" d’Agadir

      "Agadir est la plus grande perle dans la chaîne des stations balnéo - climatiques sur la côte atlantique marocaine. Là-bas on aura la possibilité de jouer un match de tennis chaque matin, puis de faire de la plage et de nager à la volonté, parce que le ciel est clair douze heures par jour et l'eau de l'océan est chaude toute l'année". Ces-ci ont été les mots avec lesquels monsieur Bahits Aalami, professeur de sociologie à l'Université de Casablanca et mon partenaire de tennis, a réussi à me convaincre de passer les vacances de printemps dans sa résidence à Agadir. Il est nécessaire de mentionner que le principal intérêt du distingué monsieur était de s’offrir une chance supplémentaire d'enregistrer dans son palmarès au moins... une victoire sur le court de tennis, après avoir perdu... plus d'une centaine de match avec moi, objectif pour lequel il était prêt à sponsoriser mon déplacement à Agadir. Pour "sidi" (n.a. monsieur) Bahits, le tennis représantait  l'activité agréable principale et constante apart les  préoccupations  professionnelles, il était devenu un "modus vivendi". Il avait l'air très contrarié par le fait que j'ai réussi à le battre match après match, quoique il avait cinq ans de moins et 20 centimètres de plus en hauteur que moi!

     Et comme ça s'est fait que dans un débout de mars je m'attardais à une table d'un restaurant situé sur la plage, en plein air, à l'ombre d'un grand parasol. Devant était "sidi" Bahits. Il ne montrait pas ses 50 ans. Il portait un tricot de tennis, qui avait sur la poitrine l'emblème de la société "Lacoste". Son teint de chocolat semblait très ouvert par rapport aux cheveux noirs, bouclés et coupés courts. Une paire de lunettes à teinte variable avec de grandes lentilles et monture mince en titane encadraient un visage aux formes arrondies, qui ne semblait pas trop animé à cause du match de tennis eu avec moi dans la matinée de ce jour-là et perdu, il est vraie, honorable, avec deux sets gagnés du total de cinq. En face de nous se déployait d'un côté à l'autre une plage plutôt vide, longue presque à perte de vue et large de 50 à 100 mètres, qui bordaient un golf en forme d'un arc de cercle presque parfait. À l'extrémité nord de la côte, il était une montagne comme Tampa à Brasov, sur le versant de laquelle il y avait une énorme inscription visible de très loin, réalisée par le défrichement de la forêt, qui se composait de trois mots: "Allah, el ouatan, el malik" (n.a. Allah, la patrie, le roi). Au sommet de montagne trônait "al casbah" (n.a. la forteresse) "Santa Cruz de Cap de Gué", construite par les Portugais en 1505. À l'extrémité opposée on distinguait avec difficulté l'un des nombreux palais du roi, dispersés à travers le Maroc. Le soleil faisait briller les crêtes blanches des vagues hautes comme une feuille de lotus, qui se brisaient au rivage dans un clapotement à  peine perceptible, accompagné d'un léger vrombissement en raison du roulement en avant et en arrière de fragments résultés à  la suite de la décomposition de coquilles de mollusques. Une brise légère m'a apportait dans les narines une vague odeur d'algues et de poissons. S'annonçait une belle journée comme tant d'autres qui l'ont précédé et viendront. Sous la plante des pieds je sentais la fraîcheur du sable fin et propre, qui par la presso - puncture me créait un état de béatitude. L'effort fournit durant le match faisait son effet et je sentais un désir irrésistible de "far niente". Allongé presque à l'horizontale sur une chaise en plastique, "el sadeq" (n.a. l'ami) Bahits sirotait aux grandes intervalles de temps un thé à la menthe et moi, je suivais son exemple dans les moindres détails. Nous attendions que l'eau de mer devienne plus chaude pour prendre un bain. Je ne pensais pas à quelque chose de spécial et dans mon esprit venaient d’images et de bribes de conversation aléatoires, de plus différentes.

     ...À un moment donné, il m'est apparue l'image de la petite villa à deux niveaux, située dans le centre d'Agadir, sur le boulevard Mahomet V, où "ousted" (n.a. professeur) Bahits me reçu hier soir avec les honneurs pour un colleque de profession.

     …Soudain, j'ai eu à l'esprit l'image de la dame Fata (n.a. Jeune fille) Aalami, une femme brune, de taille moyenne, âgée d'environ 35 ans, avec un regard si doux et compréhensible, que seulement dans les icônes on peut le voir. Lorsque parlait, elle émanait une maturité et un calme intérieur à admirer. Vêtue d'un tricot lilas et un short blanc "Lacoste", qui mettaient plutôt en évidence que masquaient les formes, la femme du "chibani" (n.a. vieux) Bahits ne semblait pas gênée par la présence d'un étranger dans la maison. Il était clair que "ousted maghribi"  (n.a.  professeur marocain) ne s'est pas trop trompé quand il a pris comme  épouse une ancienne étudiante et puis l'a promu son assistante.

     ...Après quelques instants, j'ai revécu le "jogging" fait sur les grands boulevards dans la compagnie du "dalil" (n.a. guide) Bahits, tandis que la dame Fata préparait le dîner.

     ...Dans les oreilles, j'ai entendu une bribe des paroles de Bahits dites durant la course: "Le tremblement de terre du 29 février 1960 a été de 7,7 degrés sur l'échelle de Richter, avec l'épicentre dans la ville elle-même et n'a pas duré que 15 secondes. Ses effets ont été dévastateurs. Il y avait 15.000 victimes, soit près de la moitié de la population totale. Seulement deux bâtiments ont resté débout: le fort portugais et le cinéma «Salam» (n.a. Paix). Quand ils sont sortis effrayés de l'immeuble, les spectateurs ont eu en face l'image "thriller" de la ville en ruines. Tout de suite ils ont réalisé que s'ils ne seraient pas venus au cinéma, ils aurait risqué de mourir écrasés par les décombres à la maison ou ailleurs"

     ...Pas longtemps après, dans mon esprit  est venu l'image du cinéma "Salam". Près de la place avec de nombreux bus et taxis, j'ai vu un bâtiment à l'architecture moderne sous la forme de demi-cylindre placé horizontalement. J'ai réalisé que le cinéma a été construit d'après un projet conçu par de professionnels.  

     ...Puis, je ne sais pas comment, il se fasait que j'étais à l'ancien Institut Pédagogique de Bacau, dans un  laboratoire d'un bâtiment,  qui encore demeure depuis 1936, et qu'avait commencé le tremblement de terre du 4 mars 1977. Les trépidations étaient devenues de plus en plus puissantes et les murs sortaient un bruit que je pensais que bientôt ils vont tomber sur ​​moi. À un moment donné tout s'est écrasé...

     - Doru, réveille-toi! T'es glissé de ton fauteuil sur le sable. J'ai ouvert les yeux et j'ai vu "el munkidz" (n.a sauveur) Bahits  penché sur moi.

     - Euh... Je crois que j'ai eu un cauchemar. Je ne me suis pas heurté, j'ai dit avec difficulté.

     J'ai regardé autour et j'ai vu que la plage est devenue bien peuplée, en particulier avec de touristes étrangers. L'air vibrait en raison de la chaleur. Dans l'océan, les amateurs de natation étaient dans leur élément. A ce moment, je ne voulais que de les joindre pour faire "la planche" sur le dos, parce que, d'une part, que l'océan Atlantique  me refroidisse au nuque et, ainsi, que je puisse oublier le cauchemar eu auparavant, et d'autre part, que je me transforme temporairement dans un "flaneur immobile", si je paraphraserais Michel Tournier, l'écrivain français, démissionnaire de l'Académie Goncourt.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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