Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (31)

Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca


          Casablanca a une architecture cosmopolite, où ne manque pas de rues piétonnnières modernes, comme il arrange bien une ville qui veut devenir vraiment... européenne, en tenant compte du fait que le Maroc est un pays qui se porte candidat à l'Union Européenne, même s’il se trouvé en… Afrique. L'une d'eux est appelée "Zancata Amir Moulay Abdallah" (n.a. Rue Prince Moulay Abdallah), que je l’associais à la première vue avec "Hoche Strasse" (n.a. Rue Haute) à Cologne, située à côté de "Der Kölner Dom" (n.a. Le Dôme de Cologne). Dans les deux artères commerciales brillent les vitrines en avant desquelles se promènent les clients potentiaux ou de nombreux badauds, à lesquels sont offerts spectacles en plein air, donnés par d’artistes itinérants, se reunissent pour transmettre de messages non - verbaux les amateurs de plaisirs érotiques de toutes sortes et activent fortement ceux qui ont comme objet de travail la clémence des passants. Mais l'une des choses qui font la différence entre les deux rues piétonnnières c’est que les mendiants de Cologne appartiennent aux certaines ethnies… minoritaires, alors qu’à Casablanca ils font parie de l’ethnie majoritaire.

          Parcourir les quelques 200 mètres de la rue Amir Moulay Abdallah est semblable à une promenade réduite de huit fois du segment du boulevard "Broadway" (n.a. Largechemin) entre "East 19th Street" (n.a. rue 19 de l’est) et "East 23 Street" (n.a. rue 23 de l'est), long d’un mille terrestre, appelé, par conséquence, "Ladies Mile" (n.a.  mille des dames), où viennent les new-yorkaises pour se déstresser, en achetant dans les magasins célèbres comme "Macy’s", "Tiffany’s" et d'autres. En effet, la rue piétonnnière qui porte le nom du frère du roi Hassan II présente la plus forte densité de belles femmes de Casablanca.

          Il m'est arrivé de trouver dans la rue Amir Moulay Abdallah un jeudi, le 6 Janvier 2000 du calendrier grégorien ou le 29 Ramadan 1420, l’avant-dernier jour du jeûne du calendrier hégirien. Il y avait une demi-heure avant le début de la prière "el maghreb", après quoi il est permis aux musulmans manger et boire. La rue était déserte, en étant animée seulement par quelques passants pressés de picorer à la maison "iftar" et par les garçons des cafés, qui préparaient déjà les tables et les chaises pour les futurs clients. J'avais mangé plus tôt dans l'appartement où je vivais, situé à une distance de cinq minutes à pied et j’étais venu pour boire un thé à la menthe dans un café situé à une extrémité de la rue piétonnnière. J'ai pris une chaise à une table à l'intérieur, où il ne se sentait pas la fraîcheur vive de la brise  marine. Je n'ai commandé rien,  par politesse pour les gens locaux qui ont tenu, peut – être, le  jeûne depuis l'aube. Dans mes oreilles entraient les vibrations de l'air produites par de râles, de bourrades, de tintements, de hoquets, d’exclamations, d’interjections, qui forment le fond sonore typique de début et de fin d'un programme de restauration publique. En échange, la brasserie "La Chope", située sur le côté opposé il n’y avait aucun mouvement, parce qu’il est interdite la vente d'alcool pendant les 30 jours du mois de Ramadan.

          Bientôt, j'ai vu se diriger vers moi monsieur Rachid (n.a. Raisonable) Firdouasi (n.a. Paradisiaque), mon voisin, professeur de chimie à l'École de l'Industrie Minérale à Rabat. Il avait une mine mauvaise, comme atteint de tuberculose. Elle s'est assit sur la chaise à côté de moi, en faisant un geste de salutation avec la main et en sortant un long "ouf".

        - Il reste encore un jour, mais je suis à bout de patience. Le jeûne du mois de Ramadan me solicite beaucoup et je reconnais le fait que, parfois, je triche, comme certains de mes étudiants quand ils ont beaucoup à apprendre, mais l'abstinence de fumer me crée les plus grands problèmes, parce que je suis dépendant au tabac. Je ne peux pas tricher, en fumant à l'université ou en train, quand je fait la navette à Rabat, parce que me voit le monde. Je n'ai pas trouvé cette interdiction explicitement écrite dans le Coran, parce qu’à  l’époque du prophète Mahomet le tabac n'était pas apporté de l’Amérique; cette règle est une interprétation de certains versets faite par nos savants musulmans longtemps après Sa mort, a avoué mon professeur.

        À notre grande surprise, se sont approchées de nous deux jeunes femmes, habillées pour l'hiver, avec manteaux courts identiques de fourrure de lapin, avec le col monté, mais avec les pieds nus dans des sandales romaines. Par les vêtements déboutonnés pourraient être vues les robes identiques d'été, de couleur verte, serrées suffisement pour mettre en évidence les formes et les volumes des corps comme parfaits. Les cheveux noirs, laissés longs et peignés avec la raie au milieu,  contrastaient frappement avec leur peau blanche.

         - Bonsoir, monsieur le professeur Doru. Vous ne me reconnaissez pas; je suis votre ancienne étudiante Jamila et elle est Ghanïa (n.a. Belle), ma cousine, m'a aidé un des deux jeunes de sortir du charme produit par leurs grands yeux, lascives, vert, caractéristiques aux Berbères des montagnes de la Kabilie en Algérie. Je vous ai vu par la fenêtre et j'ai senti le besoin de vous parler, elle a continué naturelement.

         - Bonsoir, a pris ma parole mon commensal. Enchanté de faire votre connaissance. Mon nom est Rachid. Asseyez-vous, s'il vous plaît, à notre table. Puis-je vous poser une question, si je ne suis pas trop curieux?

         - Bien sûr, a répondu Ghanïa.

         - Pourquoi avez-vous mis du rouge à lèvres pendant le mois de ramadan? Savez-vous qu'il est interdit, parce que le rouge à lèvres contient des nutriments que vous risquez de les avaler? Il est vrai que le rouge à lèvres berbère traditionnel ne contient que de l'argile et du carmin. Mais sûrement votre rouge à lèvres est l’un importé, qui contient, dans plus de 50 pour cent des cas, de la graisse du castor.

         - Oui, nous le savons très bien depuis l'enfance, a répondu Jamila.

         - En outre, a continué mon ami Rachid, en plaisantant à moitié, à moitié sérieusement, en 1770 a été votée une loi britannique, qui prévoit que "la séduction d’hommes par les moyens de produits cosmétiques est considérée comme une sorcellerie et condamnée comme telle".

         - Nous ne voulons pas séduire personne. Le fait que nous avons mis du rouge à  lèvres dans le mois de Ramadan est notre forme de protestation contre le chômage, dans lequel nous sommes depuis deux ans, et contre les déceptions, que nous les avons eues avec des hommes d'origine marocaine ou étrangere, noua a surpris Jamila avec sa réponse. Puis elle s’est tourné vers moi et m’a demandé, en me fixant avec ses yeux de Shéhérazade, dans lesquels on peut lire 1001 contes: en Roumanie, le rouge à lèvres est produit ou est importé?

         - Il est importé, mais il est mieux de cette façon, parce que les Roumains sont très inventifs et ils remplaceraient la graisse du castor avec la graisse du chiot, en tenant compte du fait qu’en Roumanie sont infiniment plus nombreux les chiens errants.

          À l’écoute de mes derniers mots, les deux cousines  ont couvert tremblant leurs lèvres rouges avec les deux mains et ont reussi sortir à l'unisson seulement une exclamation de stupeur, parce que le hurlement de la sirène municipale, qui  annonçait que le jeûne de ce jour est terminé, nous a fait oublier pour le moment la discussion eue jusqu’à  là et  crier en chœur: garçon!

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

Vizualizări: 46

Adaugă un comentariu

Pentru a putea adăuga comentarii trebuie să fii membru în reţeaua literară / la red literaria !

Alătură-te reţelei reţeaua literară / la red literaria

Insignă

Se încarcă...

Statistici

Top Poetry Sites

© 2020   Created by Gelu Vlaşin.   Oferit de

Embleme  |  Raportare eroare  |  Termeni de utilizare a serviciilor