Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (40)

L’histoire de Shéhérazade de Casablanca


       Il était une fois - et Allah est le Plus Sage et le Tout Miséricordieux  - un homme d'affaires de ceux qui ont beaucoup de richesses et peu de culture. Et tous les gens l’appellaient  Hadji, parce qu’il avait accompli le saint pèlerinage à La Mecque. Le pieux hadji savait comment sortir dix dirhams d’un seul dirham et il tournait de bastringues nombreuses, non seulement à Casablanca, mais aussi dans tout le royaume "maghribi" (n.a. marocain), même avec les "nasrii" (n.a. chrétiens) du territoire au-delà de "bahr Moutaouassat" (n.a. mer Méditerranée), appellé "Uuouroubbia" (n.a Europe). Et le sage homme a acheté une bizarrerie mise au point par d’artisans d’une île italienne, faite de fer et de cuivre, qui sortait en un tournemain 24 sucettes enveloppées dans du papier joliment coloré, apporté de "Faransia" (n.a France). "Par Allah, dans ma vie, je n'ai pas eu un jour béni comme celui-ci!" il exclamait tous les soirs, quand il faisait le calcul de l’avoir apporté par les sucettes. Et la pure vérité disait le patron parce que dans la "bait" (n.a. chambre), où il ramassait les dirhams, se formaient de monceaux d’argent -  et Allah est le Plus Sage et le Tout Miséricordieux - qui montaient jusqu’au plafond.

     Et un jour, il est passé dans la tête du chanceux maître de tant d’ateliers et boutiques de se mettre en route, d’arriver à un foire en  "Ibtalïa" (n.a. Italie), pour l'achat d'une machine à bonbons, qui serait aussi une grande apporteuse d’argent et même davantage. Immédiatement, il a commandé aux  serviteurs de faire les préparatifs pour s’en aller, de faire le plein avec du gasoile  pour la "saïara sahraouïa" (n.a. voiture tout terrain),  faite en "Inclisïa" (n.a. Angleterre), de mettre dans le "soundouq" (n.a. coffre) les vivres et tant d'autres choses necessaires. Le serviteur Assaiq (n.a.           Chauffeur) avait démarré le moteur pour partir et le marchand a dit au revoir  à sa jeune épouse, la splendide beauté Moutaqualiba (n.a. Cheangeante), qui l’a conduit jusqu’à la cour dans toute splendeure de sa marche. Et beaucoup de serments de fidelité elle lui a fait d'une manière tellement jolie, que Hadji, plus avancé dans l'âge d'un quart de siècle qu’elle, a dit pour lui - même: "Par Allah, je sens que je vais perdre mon esprit".

     Mais, après avoir s’éloigner à environ deux heures de route de Dar el Baida (n.a. Casablanca), Hadji a pris conscience qu’il a oublié le passeport à la maison. Il a rebroussé son chemin et, quand il est entré "fil dar" (n.a. dans la maison), il a trouvé Mutaqualiba embrassée par un serviteur noir, jeune et  costaud, bon pour transporter comme un mule de charges lourdes. À cette vue, Hadji s’est  assombri au visage  et a prononcé trois fois la formule pour le divorce, comme l'exige la tradition musulmane, après quoi il a chassé Moutaqaliba de la maison. Et sur place il s’est assermenté que tous les soirs il va enlever la virginité d’une fille, comme le roi Shahryar dans les histoires "Elf lailat oua laila" (n.a. Mille et une nuits), mais à l’aube, il ne va pas la tuer, mais il va lui offrir un boulot dans un de ses domains comme une récompense.

Puis, il a commandé de lever imediatement le camp, et il est parti avec le corps plus ratatiné et le visage plus pâli, mais inébranblable dans sa résolution d’en porter à  bonnne fin la bastringue en "Ibtalïa". Et comme ça s’est ajouté encore un malheur  dans la vie du veuf hadgi, parce que sa première épouse Amina (n.a. Fidèle) avait mouru de phtisie il y a deux ans sans lui  laisser d'héritiers.

     Bercé doucement sur les canapés de "saïara sahraouïa", Hadji était séduit quand à  la rêverie, quand à  l’assoupissement, jusqu’il s’est endormi du tout, trop il avait l’âme tourmentée par de pensées. Et s’est réveille juste à "Tanja" (n.a. Tanger), où Assaiq avait du mal à introduire la voiture anglaise dans le ventre d'un "bakhira" (n.a. navire) gros comme une "madina" (n.a. médina), mais qui sortait une fumée étouffante et rugissait comme mille chameaux. "Comment grand est le miracle d'Allah! Combien coûterait  cette fichue chose?" songeait Hadji comme un vrai marchand qu'il était. Et ainsi de suite, de "saïara sahraouïa" dans "bakhira", et de "bakhira" dans "saïara sahraouïa", Hadji est arrivé au temps du soir à un "foundaq" (n.à. hôtel) à Milan, qui avait peint à l'entrée cinq étoiles. Là,  il a été invité à entrer dans un salon vaste, décoré de soie et plein de choses richement ornées, faites avec fantesie, au milieu avec un large lit battu en strass, sur lequel régnait un baldaquin de satin doré. Et une charmante lumière venait de lampes coincées dans les murs et Hadji, resté seul, pensait que peut-être l'une d'elles est d'Aladdin, qui l'aident à arracher l’amertume du cœur - et Allah est le Plus Sage et le Tout Miséricordieux - et un miracle s'est produit quand au pieux hadji est venue l’idée à descendre au rez-de chaussée,  où il avait vu un rassasiant.

      En un instant, il a senti son coeur soulagé, et grande a été sa joie quand il est arrivé là. À une table était assise seule, avec un  bocal en face, une fille plutôt nude qu’habillée, qu’on lui pouvait voir les nichons incitants.

      Et sa frimousse était tellement accomplie. que Hadgi restait immobile et s'émerveillait de sa perfection et méditait qu’il n’a pas vu avant quelque chose  comme ça. Puis il a contemplé à  une longue table tous les friandises du monde, où venaient de clients endimanchés pour mettre dans un plateau-repas de plats raffinés, de fruits diverses et de boissons fines. "Inti zouina cal badr" (n.a. Tu es belle comme la pleine lune), il a prononçait de paroles  dans la langue du philosophe Ibn Rachid Abou Oualid connu sous le nom latinisé d’Averroès, parce qu'il ne savait pas une autre langue. Et pas petit lui a été  l’étonnement, quand la jeune fille l’a compri, et même l'a invité à s'asseoir à sa table. "Ismi Shéhérazade. Ana mouhajira min Maghrib. Aaïla diali fil Dar el Baïda" (n.a. Mon nom est Shéhérazade. Je suis immigrante en provenance du Maroc. Ma famille est à Casablanca), a commencé la gamine à raconter la vie. Et Hadji écoutait la bouche bée de fascination et avait envie d’y rester toute la nuit, mais le serment fait au départ de Casablanca le poussait du coude d’inviter la belle convive dans sa chambre de l'étage et même comme ça il a réalisé. Et Shéhérazade n’a pas fait de chichi - et Allah est le Plus Sage et le Tout Miséricordieux – elle a même appelé un gaillard de serveur et a parlé deux mots magiques inconnus à Hadgi - "room service" (n.a. service en chambre) - et quand ils sont arrivé dans la chambre d’en haut ils ont trouvé deux tables sur roues: l’une remplie de boissons mousseuses, françaises, mais aussi de celle fortes, anglaises, et l’autre - avec de plats émmanant de vapeurs et de fruits apportés de partout dans le monde .

     Et les deux sont arrivés vêtus comme Adam et Eve dans le jardin d'Éden, et Shéhérazade était très folâtre. Elle remplissait le bocal du tout pieux hadji immédiatement qu’il se vidait et se cachait derrière les coussins et fuit dès que l'homme, désireux de la toucher avec la main, la joignait. Et s’avait fatigué le vieillard, mais il ne se laissait pas, reprennait une gorgée de force du bocal et encore courait après la fille, jusqu'à ce qu'il est  tombé raplapla dans les bras de Morphée.

     Le matin suivant la nuit de la débauche folle s’annonçait bien ensoleillé. Par la fenêtre, on voyait les sommets de quelques cyprès parmi les tuiles brique de certains toits. Hadji s’avait éveillé et du lit il admirait à  contrecœur la nature milanaise. Une douleur s’avait fiché dans la nuque comme un clou. Il ne se souvenait  pas trop bien ce qui s'était passé pendant la nuit. Aucune trace de Shéhérazade. Une pensée lui traverçait son esprit et il est saute du lit juste à côté de la veste où il tenait son portefeuille. Et Allah est le Plus Sage et le Tout Miséricordieux  - le passeport et le carnet de chèques étaient là, mais les papiers verts avaient disparus avec toute Shéhérazade.

     Par Allah, songeait l'homme sans une grande tristesse, hier soir, j'ai senti que je n’ai pas encore suspendu mon sabre dans le clou pour rouiller  en vain. Maintenant je doit acheter plus vite possibel la machine à bonbons, apporteuse d'argent, et que personne ne pense que cette nuit était la dernière du genre; viendront d’autres plus nombreuses, même plus merveilleuses!

 

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

 

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