Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (52)

Un héritier mécontent


          Qui veut mieux connaître Casablanca doit passer au moins une nuit dans l'un des dizaines de bars étalés sur les 40 kilomètres de littoral de l'océan Atlantique, dont la densité maximale est dans la zone centrale ou à Aïn Diab – la station balnéaire située à la proximité du sud.

        Un soir de juin, je me suis retrouvé dans un de ces boites construites sur de pylônes plantés sous les vagues, qui donnent l'apparence de grands paquebots. Par la porte ouverte, menant à la terrasse, j’avais une perspective  sur un coucher du soleil, qui m'a donné l'impression que la Terre est le centre de l'univers. Une infinité de nuances des couleurs rouge et de bleu formait le fond du phénomène cosmique en pleine déploiement. Dans l'intérieur avec l’ornementation déco éclectique hispano - mauresque, je distinguais dans la lumière diffuse de quelques lampes discretes un bar bien assorti, de fauteuils profonds, de petites tables basses et un écran géant. De rythmes latino formaient un fond sonor agréable, qui a réussi à couvrir avec intermittence le mugissemnt produit par le bris des vagues déferlantes au contact avec la fondation du bâtiment. Mon compagnion était monsieur Rachid Firdouasi, mon voisin d'appartement, professeur de chimie à l'École de l'Industrie Minérale à Rabat, qui m'a invité à passer une soirée ensemble "juste pour grignoter quelques choses et boire une bière". Parce que le garçon s’attardait, mon ami a commencé sur un ton agressif un cours magistral:

      - Comme une compensation néfaste au fait que plus de cinq millions d’habitants ne disposent pas de lieux sains d'amusement, d’espaces culturels dignes de la réputation de leur ville, ont poussé comme des champignons les soit-disant bar-tapas, où la "tapas" est un mot espagnol, en signifiant la collation prise pour permettre à l'estomac à supporter une quantité croissante de whisky, de vodka, de bière et d'autres boissons dans les accords de certaines chansons pour "chauffer" l'atmosphère. Ces tavernes modernes sont fréquentés par une clientèle composée de jeunes gens des deux sexes, qui tournent autour de certains individus, en quête d'aventuree immorales. Immédiatement après l'ouverture se forme une grande agglomération de  voitures parquées en deux rangées le long de l'axe du boulevard de devant, comme tu, peut-on, as vu à Paris.

     - Oui, il m’a resté encore dans la mémoire l'image   du boulevard Montparnasse, près de la tour homonyme, où les restaurants chics sont collés les uns après les autres, je l'ai approuvé.

     - À la fermeture de ces temples de l'alcool, les clients dans un état plus ou moins d’ivresse,  sortent sur les boulevards et se donnent de salamaleks interminables. S'ils sont venus avec la voiture personnelle, ils ne partent pas jusqu'ils ne  donnent au maximum le volume des chaînes stéréo.

     Monsieur Rachid a fait une pause, a regardé autour et a continué sur le même ton de l'homme frustré:

     - Mais, notre garçon qu'est-ce qu’il fait de ne vient pas, il fume du "juan"?

     - Bonsoirs messieurs, nous a salué un jeune homme chocolâtre, à lequel toutes les formes ou les traits étaient soit affûtés, soit minces.

     Au grand désespoir de Rachid, ce n’était pas le garçon qui était venu, mais un jeune garçon, qui nous a demandé la permission de s'asseoir à notre table parce que toutes les autres étaient pleines. Nous avons donné cours à cette demande et, finalement, je ne l’ai pas regretté parce qu’on a eu l'occasion de déguster une histoire qui nous a aidé à vider mieux les chopes de bière, que si nous aurions goûté proprement... la "tapas".

     - Mon nom est Ouarits (n.a. Héritier) et je suis né en Arabie Saoudite à Riyad, a commencé notre jeune commensal à se présenter. Ma mère est née et a vécu jusqu'à 16 ans à Mocca, appelée Mukha en arabe, localité située sur la côte de la mer Rouge, au Yémen, jusqu'à elle est devenue la septième femme de mon père, un citoyen saoudien et un grand marchand, venu là-bas pour vendre dans le monde entier le bien connu café indigène.

     - Ai-je entendu bien, ta mère a été la septième femme? j'ai demandé une confirmation .

     - Pour les Saoudiens, avoir sept ou plusieurs femmes est monnaie courante. D’ailleurs, j'ai appris que mon père vient de se marier ici au Maroc pour - tenez-vous bien – la vingtième fois.

     - Un vingtième fois? je me suis écrié.

     - Oui... vous avez bien entendu... la vingtième fois... et je pense qu'il ne s'arrêtera pas là, a répondu Ouarits carément. Mon père a l'ambition de prendre de chaque pays islamique,  c'est-à-dire où la réligion musulmane est  majoritaire, au moins une jeune femme et d'avoir de chacune d'entre elles au moins un enfant. Au début, il les a  apporté de l’Arabie Saoudite jusqu'au jour quand dans sa villa à Riyad il n'y a été plus une place pour mettre sur le plancher de grès un matelas en polyuréthane. Alors, il a décidé de laisser les 11 femmes et 34 enfants. Il a transféré tout l'argent de son compte auprès de banques à l'étranger et a quitté le pays. Il nous a laisse sans moyens de subsistance. Il a fait une escale d’un - deux ans dans les Émirats Arabes Unis, Oman, le Koweït, l'Irak, la Jordanie, la Syrie, l'Afghanistan, l'Iran, le Pakistan, le Bangladesh, le Sri Lanka, la Malaisie, même dans l'Indonésie, mais où il n’a pas été. Il semble qu’il a fini avec l'Asie et il est arrivé maintenant en Afrique du Nord. Il se déplacé comme... un oiseau migrateur.

     - Combien d'enfants a ton père maintenant, je n’ai pas pu m'abstenir de lui demander .

     - Il est dit d'être plus de 50 héritiers  pour une fortune d'environ 15 millions de dollars.

     - Belle patrimoine! je me suis écrié. une deuxième fois.

     - Bien sûr, seulement que si mon père, maintenant âgé de 55 ans, va aller à ce rythme, après une décennie il aura plus de... 60 héritiers. Dans le même temps, il est possible pour lui de broyer lentement toute sa fortune. Pour cette raison, moi et mes deux frères bons sommes arrivé... à le haïr, comment, d’ailleurs, pensent et mes nombreux demi-frères. Pendant ce temps est arrivé et le garçon, qui a pris la commande.

     - Ouarits, pourquoi es tu venu ici? a demandé  monsieur Rachid, qui, après la venu du garçon, lui avait disparu le ton agressif.

     - Je suis entré à ce restaurant avec l'espoir que je vais rencontrer mon père. Je veux lui rappeler qu'il a des obligations à ses enfants, a eu la possibilité de répondre Ouarits, parce que le garçon est apparu avec de la bière et ... "tapas" .

    - Combien de temps tu va l’attendre dans le restaurant? a continué à l'interroger monsieur Rachid après a vidé une moitié de la chope.

     - Jusqu’à la clôture, parce que mon père pourrait apparaître plus tard, comme… un oiseau de nuit.

     - Décides-toi, ton père est un oiseau migrateur ou un de nuit, Rachid, en plaisantant, a attentionné Ouarits, qui vidait avec  l’enthousiasme juvénile sa chope.

     - En tout cas, il n'est pas... un oiseau domestique, de ceux qui restent autour de la maison, a été la réponse d’Ouarits, devenu soudainement plus détendu et ayant le cœur à plaisanter.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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