Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (56)

 Journée portes ouvertes

 

     Une promenade à travers les rues de la colline Anfa  de Casablanca peut être comparée au feuilletage d’une revue de publicité dans la construction de villas et d’aménagement de domaines entourants, avec la différance que dans la réalité urbaine les clôtures sont épaises, en brique ou en béton et plus hautes de la taille d'un homme. L'accès à l'intérieur peut être fait en ouvrant de portes métalliques ou en bois ferré. La crainte des voleurs est terriblement élevée! Afin de protéger le domain résidentiel des regards indiscrets, près de la clôture, vers l’intérieur, sont placées de plantes grimpantes toujours fleuries, qui, à la suite de quelques coupes professionnelles, forment d’embranchements très denses et envahissent tout interstice. Il y a cependant un jour... portes ouvertes, lorsque ces voies d’acces ne se ferment pas.

     Dans un après-midi du juin, je me dirigeais vers Aïn Diab, la bien connue station balnéaire atlantique, qui fait partie de la soi-disant "la Grande Casablanca". Je parcourais un boulevard ombragé de platanes sur la colline d'Anfa, où je pourrais croire que j'étais à Marseille, si les éléments architecturaux arabes ne seraient pas majoritaires. Les murs épais de clôtures presentaient de manteaux végétaux multicolores avec beaucoup de rouge, mauve et vert, ce qui les rendaient plus imposants et impénétrables. L'air était chargé de l'odeur alternante ou mélangée de fleurs des  plantes grimpantes, d’algues passées beaucoup de temps au soleil et de celle étouffante du gaz d'échappement produits par de moteurs avec l’usure avancée. Le bruit de fond était dominé par le crépitement de voitures et de motos. Si je faisais attention, je pourrais saisir le pépierement d’oiseaux, qui signalaient  aux indésirables ailés que chaque couronne de platane était devenu un territoire occupé. Près de moi se trouvait Bahits Aalami, professeur de sociologie à l'Université de Casablanca. Nous avons décider de faire ensemble une promenade à pied jusqu’à Aïn Diab,  pour profiter de l'eau chaude de l'océan Atlantique et de la vue sur le phénomène cosmique du coucher de soleil. Nous laissions derrière nous de portes fermées les unes après les autres, jusqu'à ce que j'ai eu une surprise: j'ai vu l'exception qui confirme la règle.

     - Pourquoi sont laissées ouvertes ces portes? j’ai démandé à Bahits.

     - C'est un signe que l'un des habitants de ce domain a décédé, est venue la réponse. L’annonce funéraire est fait à la mosquée ou par téléphone .

     - Euh... par la presse, j’ai completé.

     - Bien sûr, mais il y a l'inconvénient qui l’annonce funéraire apparaît dans le journal le lendemain, ce qu’il le fait tardif pour les décès survenu avant midi, parce que l'enterrement doit avoir lieu au cours de la même journée. Si le décès a eu lieu dans l'après-midi, l'enterrement a lieu le lendemain matin. En outre, plus le défunt était pieux,  plus il est enterré tôt; il est dit qu’un imam turc décédé à 16 heures a été enterré quelques heures avant le coucher du soleil.

     - Pourquoi cette hàte? j'étais curieux de savoir.

     - On considére que la mort souille tout ce qu'il touche ou est à côté. Le cadavre est considéré comme une impureté, raison pour laquelle il est lavé après un rituel de purification, considéré comme sacré. Sont exemptés de cette règle seulement les martyrs tombés pour la cause de l'islam, qui sont considérés être purifié par leur propre sang. Immédiatement après la morte on fait un pré-habillage du défunt ou de la défunte par d’hommes, respectivement, par de femmes. Il y a les exceptions suivantes: le mari peut laver sa femme et la mère – son fils agé de maximum six ans. Un deuxième lavage a lieu après que le défunt sort de la rigidité cadavérique. Au Maghreb est d'usage d'ajouter dans l'eau de la "hina", une substance extraite d’arbuste homonyme, ce qui rend la peau du cadavre avec une agréable teinte rougeâtre. En l'Orient on introduit de fraiches feuilles de lotus dans le liquide purificateur. En échange, l'utilisation d'alcool à friction pour la toilette du cadavre est interdite parce qu'il contient de l'alcool.  Souvent, on frotte le corps du mort avec du l’huile aromatique à base du camphre et de la myrrhe. Pour que les impuretés extérieures ne viennent pas en contact avec l'âme pendant qu’il n'a pas encore quitté le corps du défunt, on obstrue tous les trous, sauf la bouche. Ensuite, le corps est enveloppé dans un linceul de coton 9 mètres, de long si est un homme, et 11 mètres, dans le cas des femmes.

     - En effet, le lavage rituel du corps du défunt est très intéressant, j'ai commenté.

     - Bien sûr, seulement que maintenant un nombre croissant de musulmans respectent ces préceptes plus ou moins formellement. Ce rituel est souvent théâtralisé dans une confusion des valeurs. Ainsi, l'islam condamne ceux qui exagèrent l'effusion de larmes à l'enterrement. Aussi a largement disparu cette solidarité humaine aux décès, comme, d'ailleurs, dans toutes les activités humaines de la société moderne. En outre, cette tendance de désacralisation du rituel funéraire peut  être observée et aux enterrement des chrétiens, n'est-ce pas?

     - Vous avez raison, j’ai approuvé Bahits.

     - Ensuite, le défunt est placé dans le cercueil sur la partie droite, pour être avec la face à La Mecque. En ce sens, la fosse du cimetière est orientée dans une direction perpendiculaire à celle de la localité où a lieu le pèlerinage des musulmans.

     - Mais comment se fait que le corps reste dans cette position dans le cercueil et il ne se tourne pas avec la face en haut ou vers le bas? j'ai ressenti le besoin de demander.

     - Ta question est bonne. Les fabricants de cercueils prévoyent certains supports intérieurs, qui fixent le défunt. Pour plus de sécurité, parfois on demande la réalisation d’un hublot sur ​​le couvercle du cercueil, pour qu’on puisse voir les éventuelles déviations de position du décédé lors  de manœuvres de transport. Il est dit que la famille a considéré comme nécessaire que le cercueil soit sorti de la maison par la fenêtre à l'aide d'une grue, parce que les escaliers étaient trop étroits et il y avait un risque du renversement non désiré. Dans les quelques heures de la mort jusqu’à l’enterrement, l'entourage du défunt récite "Chahada" (n.a.  la profession de foi des musulmans: Allah est le plus grand, Mahomet est le prophète d'Allah). Au retour du cimetière, la famille organise un repas en l'honneur du défunt, répété après 7 jours, 40 jours, 7 mois et à chaque anniversaire annuelle du décès, comme je crois qu'il est de coutume et chez les chrétiens en Roumanie, n’est-ce pas?

     - C'est vrai ce que tu dis, sauf que le multiple n’est pas de 7, mais de 3, par exemple: 3 jours, 6 jours, 9 jours, 40 jours, 3 mois, 6 mois, 9 mois et chaque année, j'ai  précisé.

     - Oh, combien vous en avez! Et vous, les Roumains, faites tout ça? Bahits a posé encore une question, qui est devenue rhétorique, parce que j'ai évité de répondre.

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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