Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (58)

Le bazar de Marrakech


          En général, les touristes qui visitent Londres, Paris, New - York ne sont pas attirés pour voir un bazar parce qu'il n'est pas représentatif. Cependant, pour ceux qui arrivent au Caire, Casablanca, Istanbul, c'est à dire dans l’Orient ou l'Afrique du Nord, une destination touristique fréquente est cet endroit en pleine air dans lequel on vende  toutes sortes d'objets. Pour une ville comme Marrakech, qui vit presque exclusivement du tourisme, le bazar est devenu le centre vital de l'activité économique.

        Qui veut connaître mieux la capitale touristique du Maroc a besoin d'un guide, et j'ai béneficié de la présence agréable de Bahits Aalami.

        Dans un mardi soir, j'étais sur la terrasse d'un café situé stratégiquement, d’où nous avions en face les spectacles de la place Jamaa el Fna, en partie similaires à ceux de la foire à côté de la cour de Iasi,  décrits par Vasile Alecsandri comme suit: "d’escamateurs sortaient du feu du nez, perçaient  ses main, ou avalaient d'épées",  d’autres "jouaient  avec de boulets de canon comme avec de noix et élevaient sur le dos un bougrement grand cheval" ou "de saltimbanques rapides et agiles marchaient les yeux bandés parmis des couteaux et avec un fouet battaient un pauvre chapeau et un autre, et encore un autre, sans relâche". Dans ce tohu-bohu apparement roumain du XIXème siècle, l’absence de montreurs d’ours – la spécialité exclusive des  Roms (n.a. connus aussi sous le nom de Gitans ou Tsiganes) - a été complétée par la présence de charmeurs de serpents, qui faisaient le délice des touristes venus de partout dans le monde, qui étaient attendus par plus de 20 autocars, parqués le long du boulevard Mahomet V de près. Les trois autres côtés du rectangle formé par la place Jamaa el Fna étaient composés de bâtiments de maximum deux étages de Madina el Qadima. Dans l’air flottait l'odeur de viande rôtie sur les grilles des vendeurs ambulants, qui "bougeait" le nez. Il fait sombre et sur la voûte céleste on voyait d’étoiles chatoyantes. Le corne de la lune me rappelait que j’ étais dans un pays musulman. La place était illuminée arificiellement par de réflecteurs colorés, installés sur de poteaux, qui, avec les feux sortis par le nez et la bouche des cracheurs de feu, créaient  une atmosphère magique, de théâtre fantastique.

          Assis sur une chaise de côté, Bahits sirotait du thé à la menthe, en  étant lui aussi absorbé par le spectacle gratuit. La fraîcheur de la nuit l'avait obligé à desserrer son pull-over de la ceinture et l'habiller. Je l'imitais dans les moindres détails       

         - Le climat est sec et très chaud à Marrakech, avec des températures qui atteignent 50 degrés Celsius à l'ombre, Bahits a commencé à expliquer son geste. En mars, à midi est assez chaud, on atteint même 25 degrés Celsius, mais après le coucher du soleil apparaît la fraîcheur. On se fait sentie la presence, à environ 40 kilomètres, des montagnes du Haut Atlas, dont les crêtes sont encore couvertes de neige.

        - En fait, c'est ça, je pense, le charme de Marrakech, j'ai interrompu Bahits. Ici coexistent de contrastes à lequels un composant est exotique: désert – hauteurs alpines, dunes de sable - neige, palmiers - conifères, vestiges de centaines d'années construites en pierre ou de la terre pisée - bâtiments modernes en béton ou métal, labyrinthe de rues étroites de Madina el Qadima – boulevards larges du nouveau quartier Gheliz.

        - Tu as raison, m’a approuvé mon guide. À ces contrastes sera ajouté un autre: bazar – grandes surfaces commerciales. Bientôt, on va construire et à Marrakech un supermarché de type "Marjan" (n.a. Corail), comme tu as vu à Casablanca.

        - Bazar est un mot tiré de l'arabe ou d’une autre langue?

        - Dans la langue arabe, "bazar" signifie marchand de céréales, et dans celle persane est un marché couvert. Ce mot a été introduit en Europe avec le sens de magasin ou marché découvert, où on vende toutes sortes de choses. Pour un marché couvert les Arabes utilisent le mot "quaïsaria" et pour un découvert - "sook". À Madina, le terme "bazar" est utilisé pour une ou plusieurs rues étroites, spécialisée dans le commerce de certains produits, tels que: d’épices, de bijoux en or, de maroquinerie, de tapis etc. Nous, les musulmans d'Afrique du Nord, que nous sommes d’Arabes ou de Berbères, nous avons toujours l'esprit de marchand dans le sang. Même le prophète Mahomet a eu un magasin de textile dans un bazar à la Mecque.

          - J’ai compris, ami Bahits. Tu explique très bien. Tu aurais pu faire une belle carrière dans le tourisme. En passant, j'ai vu en Algérie au début des années ’80, de grands espaces commerciaux connus sous le nom "souk el fellah" (n.a. marché paysan), en fait, certains magasins construites du gouvernement après le modèle de "célèbre "TUM" (n.a "Tsentralnii Universalnii Magasin") à Moscou. Malheureusement, il a été copié aussi et le modèle d'approvisionnement socialiste. Les étalages étaient presque vides. Lorsqu’un bateau venait avec du beurre importé, dans quelques jours "souk el fellah" apparaissait ce produit. En raison du prix subventionné, il y avait de files d'attente incroyables, où seulement la police pouvait faire l’ordre. Ceux qui n’arrivaient pas d'acheter au "souk el fellah", ils allaient à l'une des boutiques privées de   proximité, où les paquets de beurre étaient à la discretion, mais à un prix supérieur de 50 pour cent. La même chose se produsait avec d'autres aliments: de pommes de terre, d’œufs, de l'huile. J'ai eu l'occasion de voir une file d'attente où la police n'a pas fait face. Il est arrivé au "souk el fellah" à Oran. Les œufs étaient apparus dans les étalages après une longue période dans laquelle n’est pas venu aucun bateau avec ces produits. Le magasin était plein de clients bondés, la majorité en étant composée de femmes. On pouvait acheter seulement un carton avec 30 oeufs. Le problème était que les heureux acheteurs, en tenant avec les mains le carton au – dessus de la tête, ils ne pouvaient pas sortir de "souk el fellah", à  cause de la foule derrière eux. À un moment donné, leurs pouvoirs diminuaient et échappaient  leurs œufs, en souillant leurs vêtements et ceux des autres. Le plancher était devenu glissant, ce qui provoquait une augmentation des proportions du désastre. Des milliers d'œufs payés ne sont plus arrivés  dans les poêles des maîtresses de la maison, ils se sont cassés sur le plancher. Triste mésaventure de bazar, n'est-ce pas? j’ai demandé.

         - Je n'ai pas eu la chance de voir une telle file d'attente et je n’en veux pas. Le Maroc dispose d'une abondance de produits alimentaire, même s’il ne dispose pas de champs de pétrole et de gaz de l’Algérie, a répondu Bahits.

         - Que dis - tu si nous visiterions maintenant le bazar de Madina el Qadima? j’ai demande à mon guide.

         - A cette heure tardive? Seulement si tu veux vérifier comment il est bon l’approvisionnement du bazar avec de la bière, m’a proposé Bahits, après quoi il a vidé le verre de thé à la menthe.

          - Comme tu veux, Quoiqu'il en soit, tu es mon guide à Marrakech, je l'ai approuvé, en l’imitant dans les moindres détails, avec la pensée au bazar avec de la bière ...

 

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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