Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (67)

L’autoflagélé de Qatif

 

    Le signe est un élément de la communication non – verbale, avec un sens intrinsèque, par exemple, un insigne d’un policier. Dans cette catégorie entrent et les signes... de bon comportement – celles traces laissées sur la peau due à d’exploits nuisibles pendant l'enfance, l'adolescence ou même... la maturité. Il est évident que la plupart des cicatrices se produisent sans la volonté des personnes concernées: de chutes (n.a. le cerisier etc.), d’échauffures (n.a. avec de la soupe chaude etc.),  de brûlures (n.a. avec de l'huile chaude etc.), d’électrocutions (n.a. à la prise etc.), morsures (n.a. de chien etc.), de coups (n.a. avec des objets contondants etc.), d’accidents (n.a. de circulation etc.) et ainsi de suite. Certains Roumains se font de  cicatrices pour... demander la charité des passants. D'autres pratiquent la flagellation… érotique afin d'augmenter la satisfaction sexuelle. Au Maroc, j'ai rencontré une personne qui pour de raisons religieuses s’est... autoflagé, autrement dit, il s'est appliqué de coups de fouet, qui ont lui laissé des traces profondes.

     Dans ce qui suit, je vais essayer de raconter cette rencontre, mais d'abord je considère qu’il est  nécessaire de rappeler que je respecte toutes les religions et que je veux que tous les croyants du monde soient en mesure de faire les prières en paix, d’après le jugement de chacun.

     Le 16 avril 2000, j’était sur la terrasse d'un café archiplein dans Aïn Diab. Ce jour-là, la température a atteint 30 degrés à l'ombre et la tenue de tous était d'été. À 14 heures, l’affluence sur les boulevards et dans les restaurants était au maximum, car, en étant un dimanche, tous les hommes de la classe moyenne se sentaient obligés de sortir la grande famille à la promenade soit sur cette côte coquette de l'Atlantique, soit dans les supermarchés, soit dans les forêts environnantes. J'étais assis à une table avec Noureddine, professeur d'histoire à l'Université de Rabat, l'un de mes partenaires de tennis. Durant que nous sirotions la première chope de bière, de nous s’est approché un jeune homme portant un maillot, qui, en croyant à cause de ma barbe que je suis Marocaine, m’a demandé en arabe si la chaise à côté de moi est libre. Ma réponse affirmative a été en français, ce qui a conduit au blocage de la communication pendant quelques secondes. Heureusement avec Noureddine qui a clarifié les choses en arabe. Puis, la conversation a eu lieu en anglais... car il s'est avéré être la seule langue comprise par tous. J'ai donc appris que le nom du jeune homme est Saout (n.a. Fouet) et qu’il est de Qatif, une ville en Arabie Saoudite. Il a commandé une chope après quoi nous sommes tous tombés en contemplant la vue du boulevard en face.

     - Avez-vous un tatouage... impressionniste? j'ai osé rompre le silence, en observant que son maillot laissait à la vue beaucoup de cicatrices.

     - Hum, a répondu le jeune homme, en hochant négativement la tête .

     - Avez-vous scarifié la peau? lui a demandé Noureddine.

     - Je ne comprends pas, a répondu notre compagnon.

     - Votre peau a été écorché en vue du saignement par un professionnel de la santé pour provoquer la décongestion des poumons? a continué Noureddine.

     - Euh... non, a été la réponse.

     - Alors qu’est-ce que sont ces signes sur votre peau? a insisté Noureddine.

     - Euh ... ils sont dus aux coups de fouets, a répondu avec difficulté Saout.

     - Euh... je suppose pour quoi vous tardez les réponses; vous êtes pratiquant de la flagellation érotique! s’est exclamé triomphalement Noureddine.

     - Vous n’avez pas deviné monsieur. Vous ne voyez pas j’ai de cicatrices non sur mon dos et la poitrine, mais aussi sur les mains, ce qui est interdit aux masochistes .

     - Pourquoi cette interdiction? je n’ai pas pu m'empêcher de demander.

     - Si j'aurais été un masochiste je connaîtrais la réponse à cette question.

     - Alors quelle est la cause de vos cicatrices? j'ai insisté.

     - Je suis chiite et depuis l’age de 14 ans je m’autoflagelle dans le jour nommé Achoura. Si pour les sunnites, le 10 Mouharram, ce qui signifie le dixième jour du premier mois de l’an musulman, est une occasion de fête, pour les chiites est un deuil. Vous connaissez l'histoire de la grand schisme de l'islam?

     - Je ne sais pas, mais je voudrais l’entendre de la bouche d'un chiite, j'ai reconnu mon ignorance.

     - L'histoire est longue, mais je vais essayer de faire un résumé. Ali a été le mari de Fatema et, implicitement, le gendre du prophète Mahomet. Dans l’an 656, il est devenu le quatrième calife de l'Empire Arabe, qui avait sa capitale en Koufa, dans l’Irak. Après la bataille de Siffin, en 657, les hommes de Muawiya, le gouverneur de Syrie, ont défait l'armée de Ali. Puis, en 661, Ali a été assassiné à Koufa et donc Muawiya est devenu le cinquième calife, en instaurant  la dynastie omeyyade, avec le siège à Bagdad. Les adepts de Ali n'ont pas accepté cette défaite. Ils le considèrent comme le detenteur des secrets reçus du prophète Mahomet, en étant ainsi considérés par les gens de Muawiya comme "chiia", c'est-à-dire sectateurs. Pendant ce temps, les adepts de Muawiya se considérent eux - même comme "oudoul", c'est-à-dire les partisans de la justice, qui jugent bien, qui suivent la "sunna", qui signifie la loi,  en s’intitulant comme de sunnites. Ainsi, on peut dire qu’à partir de 657 est apparu le grand schisme de l'islam: les chiites et les sunnites. Maintenant est-ce que vous avez compris?

     - Oui, j'ai une idée, mais je voudrais savoir de vous pour quoi les chiites considèrent Achoura comme un jour de deuil, j'ai eu encore une curiosité.

     - Le 10 du mois de Muharram 61, c'est-à-dire 10 octobre 680, à Kerbala, en Irak, les partisans de Hussein ibn Ali, fils d'Ali, a perdu une confrontation avec l'armée envoyée par le calife omeyyade Yazid I. Bien que Hussein n’a pas participé directement au combat, il a été assassiné. Sa tombe se trouve à Kerbala et est considérée par les chiites comme le cinquième des plus saintes endroits dans le monde où il y a annuellement un pèlerinage le jour d’Achoura. Alors, beaucoup de jeunes s’autoflagellent, en exprimant ainsi leur chagrin à la assassinat de Hussein ibn Ali.

     - Mais hier, d’Achoura, est-ce que vous vous êtes autoflagellé? a demandé Noureddine.

     - Juste ici est le problème. Depuis l’année passée les cicatrices se sont infectées par de germes et de virus de l'air. Cette année, j'ai décidé de renoncer à l'auto-flagellation pour me guérir et, pour ne pas devenir la risée de mes amis à Qatif, j’ai préfèré partir à l'étranger.

     - Il y a beaucoup de chiites en Arabie Saoudite? a  encore demandé Noureddine.

     - Environ dix pour cent des Saoudiens sont chiites, et à Qatif est l'une des plus grande communauté des adepts d'Ali. C'est une très belle ville avec de larges boulevards, d’après le modèle américain. Mais, je vous demande, est-ce que vous vous êtes autoflagellés pour les péchés que vous les avez? nous a provoqué Saout.

     - Bien sûr, chaque semaine, pendant les matches de tennis, j’ai répondu.

     - Comment ça, je ne comprends pas? a continué le jeune Saoudien avec les questions.

     - Nous nous autoflagellons avec faisceau de rayons du soleil de la parallèle 36, qui lassent de traces plus dangereuses que celles que vous les produisez  avec votre fouet de peau de chèvre, a répondu le sunnite Noureddine, en enlevant un morceau de peau seche de son front...

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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