Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (88)

L’exode des cerveaux

    

    Une syntagme qui a fait et encore fait une carrière dans les médias est la "l’exode des cerveaux". Comme un corollaire, il y sont apparues certaines expressions, comme pourrait être: "l'accentuation du décalage  entre les pays développés et en cours de développement" ou "l’élargissement du fossé entre les riches et les pauvres". Dans les médias des pays anglophones ce phénomène est appelé "brain - drain". Je remplacerais cette phrase par "competence - drain" (n.a. l’exode des compétences). Quand j'ai décidé d'aller au Maroc pour accorder assistance didactique, je faisais partie de l’exode des cerveaux de la Roumanie, où, par exemple, un professeur universitaire avait le salaire au niveau de celui… d’une femme de service aux Chemins de Fer Roumains et... de dix, même de… cent fois plus petit que celui de son homologue dans ce pays africain, respéctivement, dans les États-Unis. Quand je suis rentré à l'automne 2000 à l'Université de Bacau, j’ai perdu du point de vue financière... d’environ trois fois, mais j'ai eu la satisfaction de la reconnaissance  de la valeur d'une carrière exactement de 30 ans, par une bonne gestion de l'occasion de promouvoir du rang de conférencier universitaire à celui de professeur universitaire.

     De ce phénomène n'est pas exempté ni le monde arabe. Mes étudiants, dans leur grande majorité, considéraien l'émigration vers l'Europe Occidentale ou en Amérique du Nord comme la meilleure alternative. D'autre part, la plupart des Marocains, qui ont eu la chance de terminer leurs études supérieures dans ces pays développés, veulent rester là-bas et même trouvent relativement facilement  un emploi, parce qu’ils connaissent très bien la langue, ont un IQ élevé et un diplôme reconnu. Une preuve dans ce sense je l’ai lu dans un journal à Casablanca, dans lequel était rélatée la biographie d'un Marocain devenu… vice-président chez "Boeing".

      Une idée de l'ampleur de ce phénomène je l'ai fait au Consulat des États-Unis à Casablanca, où j’étais arrivé à obtenir le visa, mais pas avec l'intention d'y émigrer... mais ... d’y visiter. Le 4 février 1999, je me suis aligné à une file d'attente immense, qui s'était formée sur le trottoir du boulevard Moulay Youssef, près du mur haute de l'institution américaine. À 7 heures, le soleil s'était levé trois coudées, mais l'air était froid et humide, avec goût de l'océan. Les palmiers - le symbole de pays chauds - plantés le long du boulevard ne réussissaient à atténuer ma sensation de froid. Les regards scrutateurs des policiers qui assuraient l'ordre de la file étaient comme de la glace. Autour de moi n'étaient que de jeunes. Parmi eux, j’ai reconnu Dimagh (n.a. Cervelet), un de mes anciens étudiants. En parlant, j'ai découvert qu'il veut aller à un oncle installé à Orlando, puis d’épouser une Américaine d'y rester en permanence.

     …Après environ une heure, j’étais confortablement installé sur un des quelques 50 fauteuils dans une salle d'attente avec trois guichets pour l’entretien. Les fonctionnaires américains et les personnes interrogées étaient séparés par une fenêtre blindée. La communication avait lieu par téléphone. La durée de l'entretien ne dépassait pas cinq minutes. Quand mon tour est venu, on m'a demandé ce que je voudrais visiter aux Etats-Unis. Je n’ai pas fini ce que j'avais à dire, et, à ma joie, on m'a dit qu’à 15 heure je suis programmé pour ramasser le passeport avec le visa tant souhaité. Quand je suis sorti par la porte du consulat, j'ai remarqué que la file de ceux qui attendaient pour entrer, au lieu de se diminuer, il semblait qu’elle s’agrandissait.

    …À l’heure fixée, j’étais à une autre file d’environ 30 heureux, qui ont passé l’entretien. Parmi eux se trouvait et Dimagh.

     - Monsieur le professeur, vous vous rendez compte combien d'argent a été recueilli aujourd'hui de la taxe d'entretien? il m’a demandé.

     - Je n'ai pas fait le calcul, j’ai répondu.

     - En considérant seulement 200 candidats, il résulte un revenu de 10.000 dollars. Dans les 20 jours ouvrables seront encaissés plus de 200.000 dollars par mois et, dans un an, plus de deux millions de dollars. Joli montant, n'est-ce pas?

     - Bien sûr, mais les dépences avec les salaires des  fonctionnaires du consulat sont grandes, n'est-ce pas? j’ai approuvé mon ancien disciple.

     - Vous voyez, c'est pour celà que je veux partir en Amérique. Les salaires au Maroc sont de 10 à 20 fois inférieures à ceux d'outre-mer.

     - D'accord, mais qu'est-ce que tu penses sur le devoir moral envers le pays d'origine des jeunes diplômés, qui émigrent vers les pays riches? j’ai voulu savoir une opinion  d'un jeune Arabe,  à qui a été approuvé un visa pour aller aux USA.

     - Oh, que de grand mots tant prétentieux et tant faux! Quel devoir moral, monsieur le professeur? Pourquoi ne pas me posez de questions sur la dette du gouvernement de Rabat, qui devrait se préoccuper davantage de la réduction du chômage des jeunes diplômés?

     - Mais Dimagh, les économies des pays en cours de développement, l'art, leur culture traditionnelle, l'éducation et ainsi de suite convergent, comme un faisceau de lumière à travers  d’une lentille, pour l'enlèvement de leur arriération économique et sociale, raison pour laquelle ils ont besoin de leurs propres spécialistes formés avec de grands efforts financiers de la part des pays concernés.  "Brain - drain" réduit, au même temps, la capacité de  développement et de modernisation de l'économie des pays touchés par ce phénomène, de l'application de technologies de pointe, qui permettraient une augmentation de la productivité du travail et, implicitement, du niveau de vie.

    - Monsieur le professeur, vous parlez comme d’un livre.

    - Oh, que de grand mots et  tant prétentieux rarement rencontrés! c'était mon tour d’exclamer, mais avec un sourire condescendant .

    - Pourquoi monsieur le professeur? Dimagh a été curieux de savoir.

    - Parce que sont de mois en moins nombreux les gens qui se fatiguent à lire... un livre.

    - Moi, monsieur le professeur, à ma grande honte, je dois admettre que depuis j'ai terminé le lycée j’ai pas pris dans la main un livre de beletristique. L’apogée de mes letures c’était durant la puberté, quand, en fait, je... feuilletais des centaines de pages par jour à la recherche de... passages érotiques, qui ne manquent pas dans la littérature française, n'est-ce pas? Ma mère, une analphabète, comme la majorité de Marocaines de sa génération, était très fière de moi quand me voyait un tant grand lecteur. Mais maintenant, que j'ai le diplôme de licence dans ma poche et je vais partir définitivement en Amérique, peux – je vous faire un aveu?

    - Faites s'il vous plaît!

    - Votre livre de dessin a été l'un des cours les plus lus par moi comme étudiant, surtout la nuit, quand j'étais au lit... et j’avais d’accès d'insomnie.

    - Pourquoi? j’ai demandv, ne sachant si je devais me réjouir ou pas.

    - Parce qu’il était plein de termes comme "projection orthogonale", "l’épure du point", "l’arrête fictive",  "ligne – point", "surface de rupture",  "vue arrière",  "section rabattue", "écriture standardisée", "dimension nominale", qui m'ennuiaient tellement qu’après avoir lu une demi-page je réussissais la performance... à m’en dormir profondément, m’a satisfait ma curiosité mon ancien disciple et l'un des participants à "l’exode des cerveaux" vers les États-Unis.

 

 

 Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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