Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (91)

En attendant… Allahot

     

     Dans la période des cinq ans, quand j’ai accordé assistance didactique au Maroc, j'ai changé de résidence au moins une fois tous les six mois; comme on dirait, j’ai  été un locataire… pressé. Entré aussi intempestif, que non  préparé dans le marché de l'immobilier à Casablanca, je me suis peu à peu établi de différents critères du choix de la maison tels que le ratio du prix, d'une part, et la surface habitable, puis l’approchement de l'Institut Supérieur Industriel, où j’ai travailé, l’éloignement de mégahaut – parleurs  installés au sommet des minarets, d'autre part. Une fois, en m’éloignant des mosquées, j’ai  me suis trouvé près d’une... synagogue. C'était un quartier très calme avec de nombreuses maisons abandonnées par les fidèles de ce lieu de culte, marquées par la patine du temps, certaines presque prêt à s'effondrer. De clôtures hautes de plus de deux mètres et épaises au moins d’une longueur d'une brique tentaient de masquer l'aspect de ruine de ces minitaches grises sur la carte multicolore du mégapole marocain.

     Après une courte période de temps, j'ai remarqué que certaines de ces maisons étaient habitées, évidemment, sans l’accord des propriétaires partis vers d’horizons où le conflit religieux entre les mosaïques et les musulmans n'est pas arrivé à des formes violentes, en particulier en Europe Occidentale, Amérique du Nord ou du Sud. Par de trous pratiqués dans les clôtures et camouflés par de plantes grimpantes, élevées ​​sauvagement, entraient et sortaient de personnes dont la profession était la mendicité. Tôt le matin, durant que je me dirigais vers à l'institut, ils me croisaient le chemin, en tenant vers le haut l'index de la main tendue, un signe qu'ils voulaient que je leur donne un dirham. Avec de vêtements déchirés, de chaussures usagées, la barbe et les tresses de cheveux non peignées, sales, les mendiants suscitaient la pitié des passants. Après deux heures de "travail", ils disparaient des rues. tard dans le soir, ces personnes redevenaient actifs et pouvaient être vus, en tournant autour de restaurants et de fast-foods, où ils recevaient de restes de nourriture.

     J'étais dans la compagnie de Bahits Aalami. Nous étions à Madina el Qadima de Casablanca, dans un de ces cafés qui, pour offrir aux clients une vue plus fidèle de l'animation de l’extérieur, n’avait pas le paroi vers la rue, mieux dit, vers la ruelle large tant pour passer deux ânes ou deux motos. C’était un soir de mai dans lequel les murs des maisons et l’asphalte du carossabile agissaient comme un poêle en faïence, en rayonnant la chaleur accumulée pendant la journée et en maintenant constante la température de l'air à une valeur de plus de... 25 degrés Celsius. À 21 heures il paraît que tout le monde était sorti de la maison, de les enfants qui viennent d'apprendre à marcher aux vieillards soutenus par de béquilles. Le thé à la menthe nous revigorait et nous stimulait la conversation. A un moment donné, j'ai reconnu deux des mendiants qui me croisaient le chemin le matin, quand je partais au travail. Ils tournaient autour d’une taverne avoisinante.

     - Ces gens n’ont à l'esprit que la satisfaction des besoins physiologiques, si je devrais fair appel à la théorie d’Abraham Harold Maslow, a commenté Bahits .

     - Je ne sais pas cette théorie...

     - Je vais t’expliquer en quelques mots .

     - Je suis toutes les oreilles !

     - L'un des principaux résultats de la recherche de Maslow a été la soi-disant "Theory of being needs" (n.a. la théorie des besoins humains). Cette théorie est basée sur les prémises suivantes: 1) le comportement humain est commandé par les besoins non satisfaits; 2) l'homme n'est jamais pleinement satisfait et qu’à la mésure que certains besoins sont satisfaits, d'autres sont en train d'émerger; 3) il y a une certaine hiérarchie, la même pour tous les gens, dans l'apparition et la satisfaction des besoins; 4) la plupart de cas, la non-satisfaction d'un besoin de niveau inférieur empêche l’apparition d’un besoin de niveau plus élevé; 5) l'homme veut se perfectionner continuellement. Maslow a identifié la séquence suivante des besoins, qu’ils les a ordonné comme une pyramide: 1) "physiological needs" (n.a. les besoins physiologiques), parmi lesquels on peut citer l'air, l'eau, le sommeil, la nourriture, le sexe, le logement; 2) "safety needs" (n.a. les besoins de sécurité), qui se réfère à la sécurité physique et psychologique; 3) "belonging needs"  (n.a. les besoins d'appartenance), tels que l'appartenance à un groupe, l'amitié, l'amour, la tendresse; 4) "esteem needs"  (n.a les besoins d’estime), tels que l'estime de soi et de la part des autres, la liberté, la la propriété; 5) "self-actualisation" (n.a.  les besoins  d'auto-accomplissement), par exemple, l'accomplissement de soi, la création.

     - Tu vois, la pièce "En attendant Godot", dont les personnages se retrouvent dans de situations de la satisfaction des besoins physiologiques, a rendu célèbre l’auteur, Samuel Beckett, et même a contribué décisivement à l’obtention par irlandaise du Prix Nobel de littérature en 1969, j'ai donné la parole à une des connexions temporaires dans l’écorce cérébrale, qui m'a même surpris momentanement...

     - Euh... oui... tu parles de la pièce de théâtre avec  cinq personnages visibles et l’un absent – Godot, a tressaillit Bahits, presque prêt à se noyer avec du thé à la menthe chaud, après avoir entendu ce changement d'orientation de la discussion.

     - Dis-moi, s'il te plaît, comment tu réécrirais la pièce, avec des personnages arabes musulmans? j'ai posé une question, qui a fait Bahits de se noyer pour de bon avec thé. Après une minute, mon ami s’est récupéré et a été en mesure de répondre.

     - Tout d'abord, la pièce serait appelée "En attendant Allahot" parce Godot, à mon avis, est un diminutif français du mot anglais Dieu, tout comme Pierre est gâté Pierrot. Je pourrais dire que Beckett est un "franglez", c'est-à-dire qu’il a écrit magistralement à la fois en anglais et en français de textes dans lesquels "le sujet meurt avant d'atteindre au verbe".

     - Ah! je me suis écrié, en essayant de ne pas perdre le fil.

     - Deuxièmement, Vladimir (n.a. Didi) n’aurait pas dans les poches de carottes et de navets, mais d'olives et de mandarines.

     - D’olivies et de mandarines, j'ai répété les derniers mots de Bahits.

     - Troisièmement, ils ne parlerait sur la Bible et de la condition humaine, mais sur le Coran et les femmes .

     - Coran et... j’ai répété comme un écho.

     - Quatrièmement, l'arbre – le symbole phallique –ne serait pas un saule mais un platane.

     - Plata... J'ai répété avec les yeux entreouverts.

     - Cinquièmement, Pozzo ne serait pas vêtue d'une blouse, mais d’un burnous.

     - Bur... j’ai murmuré.

     - Hé, Doru, comment vas - tu? Es - tu endormi?

     - Non, désolé, je pensais à une autre chose; il m’est venu à l'esprit une question rhétorique: pourquoi il y a tant de gens qui… se mettent à curer leur nez, quand ils passent devant l'entrée d'un théâtre?

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

"Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca"

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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